Arts & Traditions Populaires de Marmande

Antony TOZY, naquit à Nérac le 17 juillet 1852 et y mourut le 11 août 1911. Après une enfance heureuse, il devint tapissier-décorateur puis plus tard il tint un café.

Il appartint à l’ESCOLA GASCONA DE MARGUERITA qui à partir de 1902 réunissait les félibres du Néracais. A ce titre, il publia dans le bulletin de l’école de nombreuses fables et des contes coquins mais jamais grivois. Il laisse donc deux œuvres : « Dens las segas », (Dans les haies), contes pour grands enfants en vers (imprimerie Durey, Nérac 1900) et « Fablos putsados a la hont », (fables puisées à la fontaine ou à La Fontaine) publié après sa mort (imprimerie Couderc, Nérac, 1934).

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Las bòrdas de la Gasconha Olt e Garonesa.

Lo territòri d’Olt e Garona a totjorn estat de tots temps traversat per los òmes.

Aisit a còrrer, draubit de tots costats sus regions a las economias complementarias, es una crutzada on son passats los cassaires preistorics, las tribùs ibèras que seguissian los son tropèths mudents, los celtes nitiòbriges debarats dus paisses du nòrd ; se mesclèran[1] tamben romans, vandales et colhas Wisigòtes. Mes tard, son venguts de pas tròp lunh quauquas pòpulacions per remplaçar los mòrts qu’avian deishat las guèras e las epidemias. Damb eras arribèran quauques sesonèirs, marchands, romius[2]… venguts de païs sovent lunhs.

Totes aqueres passants an deishat la sua mèrca e la mes caracteristica de l’òme sus la tèrra es lo son ostau ! Donc, se cau pas estonar de trobar en Olt e Garona una granda diversitat d’ostaus paisans. Dins un quite canton, e quauques còps un quite vilatge, troberan ostal los mèi diferents.

Dins lo Marmandes : riba gaucha de Garona se pòd remercar dus terrèns : la plana de Garona, que dίve sa riquessa a la lisa que Garona deisha a cada aïgat e lo Queyran hèit de calhaus e ont las bòrdas son enfluençadas per las bòrdas neraquesas o landesas.

Dins las Lanas : cada bòrda es sola dins son airial, una traucada dins la pinhada, on los bastiments s’esbarrejan[3] librament. L’organisacion de la damorança se sembla a la de « l’etché », l’ostau basco primitiu, mes la construccion es diferenta : los maçons lanusquets, carpentèirs mèi que maçons, an transformat lo mòdèle en pèira en un assemblatge de bòi sabentàs.

Dins l’Albret : aici, los ostaus, los pavatges e las barralhas[4] son hèits de beròias pèiras calcaris duras. Los « bordios » neraqués son tot en longor e atau se segissan la granja, l’estable, la damorança e las remisas

Les fermes de la Gascogne Lot et Garonnaise.

Le territoire du Lot et Garonne a toujours été, et de tout temps, traversé par les hommes.

Facile à parcourir, ouvert de tous côtés sur des régions aux économies complémentaires, c’est un carrefour où son passés les chasseurs de la préhistoire, les tribus ibères qui suivaient leurs troupeaux transhumants, les Celtes Nitiobriges descendus des pays du Nord ; se mêlèrent aussi les Romains, Vandales et hordes Wisighotes. Plus tard, sont venus de régions proches quelques populations pour remplacer les pertes dues aux guerres et aux épidémies. Avec eux arrivèrent aussi quelques saisonniers, marchands et pèlerins venus de pays souvent lointains.

Tous ces passants on laissé leur trace et la plus caractéristique de l’homme sur la terre est celle de sa maison. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver en Lot et Garonne une grande diversité de maisons paysannes. Dans un même canton et quelque fois dans un même village on trouvera des maisons très différentes.

Dans le Marmandais, rive gauche de Garonne on peut remarquer deux sortes de terrains : la plaine de Garonne qui doit sa richesse au limon, la lise, que Garonne dépose à chaque inondation et le Queyran fait de cailloux et où les fermes sont influencées par celles du Néracais ou des Landes.

Dans les landes Lot et Garonnaise, chaque ferme est isolée dans son airial, une clairière dans la plantation de pins. L’organisation de l’habitation ressemble à celle de l’ « Etché » basque primitive, mais la construction est différente car les maçons landais, plus charpentiers que maçons, ont transposé le modèle en un savant assemblage de bois.  

Dans l’Albret, les maisons, les pavages et les clôtures sont faits de belles pierres calcaires dures. « Les bourdious », grosses fermes du Néracais, sont construites tout en longueur. Derrière une façade continue se succèdent grange, étable, habitation et remises.

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Robèrt lo rotièr. 

Chanson relatant vraissemblablement l’exécution d’un routier (bandit de grand chemin) à Marmande en 1442.

En 1442, Charles VII, roi de France, vint à Marmande. Il a déjà ravi aux Anglais les places de Tartas, Saint-Sever, Dax, La Réole…Dans cette période de troubles, des mercenaires de tout bord se comportaient comme bon leur semblait. Les Routiers ou bandes criminelles organisées, ajoutaient à la confusion, sous la conduite de leur chef et aventurier Rodrigo de Villandrando. Le chant de « Robèrt lo rotièr », pourrait se rapporter à l’exécution d’un de ses partisans. 

   Roubèrt lo rotièr                              Robert le routier

 

Roubèrt matin s’y lèou                      Robert matin se lève

Lo la loun larala                                 Lo la loun larala

A Marmanda s’en ba.                     A Marmande il s’en va.

 

Quand éstèt à Marmando                 Quand il fut à Marmande

     Uo danso ba trouba.                    Une danse il va trouver.

 

Uo danso dé gouyatos,                       Une danse de jeunes filles

       Toutos à marida                              Toutes à marier

 

Se digoùt la mès jouéno                   La plus jeune lui dit            

Roubèrt boulets dansa ?                   Robert, voules-vous danser ?

 

Roubèrt paouso soun mantou                 Robert pose son manteau,

En danso es ba bouta                       Et va se mettre dans la danse.

 

Lou rèy qu’èro en frinestro,                 Le roi qui était à la fenêtre,

     Lou régardo dansa.                           Le regarde danser

 

Qui es aquét géntilhomi,                 Quel est ce gentilhomme

Que taplan sab dansa ?                    Qui sait si bien danser ?

 

Souy pas nat géntilhomi,                    Je ne suis pas gentilhomme,

Roubèrt m’y hèy nouma                 Robert je me fais appeler

 

Pusqué Roubèrt t’y apèros,               Puisque Robert tu t’appelles,

     Té boli hâ pénjia                        Je veux te faire pendre.

 

Pérqu’ém pénjia, jou praoubé  Pourquoi me pendre, moi pauvre ?

   Nou m’at mériti pas.                     Je ne me le mérite pas.

 

Roubèrt pillèt très glèysos               Robert pilla trois églises,

   Lo la loun larala                              Lo la loun larala

Aoustant ‘a hèyt burla.                     Autant il en fit brûler.

 

Cette chanson est rapportée par Hubert Dutech dans son ouvrage « Langue et chansons en Pays de Gascogne » paru aux éditions CPE en avril 2011. Il a également fait paraître chez Catybou, un roman sur le terroir Pyrénéen : « Le temps des grues »

Cançon de la Crosada. 

Un des textes les plus anciens écrit en occitan et concernant Marmande est certainement celui relatant le siège de la ville et le massacre de ses habitants en 1219, lors de la « croisade des Albigeois ».

Cette période clef de notre histoire est plus ou moins ocultée dans les manuels scolaires et donc pas enseignée aux jeunes générations. Le chanteur Claude Marti déplorera cela dans une de ses plus belle chanson : « Perqué m’an pas dit a l’escòla… ».

Pour comprendre « La chanson de la Croisade », il faut se replonger dans l’histoire des XIIème et XIIIème siècle où la religion catholique, et donc le pouvoir royal, sont fortement remis en cause en Occitanie au point que le roi et l’église, sous l’autorité morale du pape Innocent III, partiront en croisade… Un sant òme aquet San Luis !!!dira Marti ; (un saint homme ce Saint Louis !!!)

Avant de découvrir la chanson de la croisade, il est bon de ressituer le massacre de Marmande dans cette « Croisade des Albigeois » en rappelant la chronologie des faits :

1167 : Premier « Concile » cathare, à Saint Félix de Caraman

1179 : Anathème de l’église contre les »Albigeois » au concile de Latran

1180-1181 : « Mini-croisade », qui se borne à prendre Lavaur, le catharisme se développe de plus en plus.

1206 : Saint Dominique vient prêcher en Languedoc.

1208 : Le légat du Pape (InnocentIII), Pierre de Castelnau est assassiné à Saint Gilles. Raymond VI est excommunié.

1209 : Raymond VI se soumet. Début de la Croisade : massacre de Béziers. »Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». 25 000 tués, aucun survivant. Prise de Carcassonne par Simon de Monfort.

1211 : prise de Lavaur. Bûchers.Siège de Toulouse. La guerre passe dans sa phase politique (conquête du Midi).

1212 : Prise d’Agen. Prise de Moissac. Siège et prise de Penne d’Agenais (15 juin-début août) Massacres. Incendie d’Auterive. Montfort organise les pays conquis.

1213 : bataille de Muret : le roi Pierre II d’Aragon y est tué en combattant aux côtés du Comte de Toulouse. Massacre des vaincus.

1215 : entrée à Toulouse de Montfort, qui dépossède de ses terres Raymond Vi avec l’accord du concile de Latran III.

1216 : siège de Beaucaire : Montfort subit sa première défaite. Mort d’Innocent III.

1217 : les Toulousains se révoltent et chassent les Français. Siège de la ville, Raymond VI y entre en triomphe.

1218 : Simon de Montfort est tué au siège de Toulouse. Fin du siège.

1219 : prise et massacre de Marmande.

1222-1223 : mort de Saint Dominique, de Raymond VI et de Philippe-Auguste.

1224 : Amaury de Montfort repart en France et cède ses droits à la couronne. On revient à peu près à l’ancien état de choses en Languedoc.

1225 : Raymond VII est excommunié.

1226prise d’Avignon par Louis VIII. Les autres villes se soumettent. Mort de Louis VIII.

1229 : traité de Meaux. RaymondVII y perd les deux tiers de son comté et doit marier sa fille (et héritière) au frère du roi Louis IX. Etablissement de l’Inquisition.

1232 : synode cathare à Montségur.

1233 : statuts officiels de l’Inquisition.

1240 : rébellion de Trencavel à Carcassonne et siège de la ville .

1242 : rébellion de Raymond VII qui est excommunié.. 1243-1244 : siège et prise de Montségur le 14 mars. Bûcher des 200 « parfaits » le 16 mars. Soumission progressive des seigneurs occitans.

1249 : procès et exécution sommaire de 80 cathares à Agen.

1255 : capitulation de Quéribus.

1271 ! Mort d’Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX, époux de Jeanne de Toulouse. Le Languedoc devient terre Française.

1300 : Pierre Authier prêche le catharisme à Toulouse. Il est brûlé en 1311. C’est la fin du Catharisme en occitanie.

La cançon de la crosada : 

« L’invasion française en Occitanie, dite croisade des Albigeois, a profondément marqué l’histoire de Marmande, puisque en 1219, la ville a été prise et tout ses habitants massacrés par les croisés conduits par Amaury de Monfort.

Vers 1210, Guilhèm de Tudela entreprend une relation en vers et en occitan, des évènements récents. A partir de la bataille de Muret (laisse 132) un nouvel auteur intervient : «  ce grand patriote, grand peintre d’histoire, grand philosophe de l’histoire était aussi un très grand poète ». Ce texte est tiré de la «  Nouvelle histoire de la littérature occitane »  par Robert Lafont et Ch Anatole PUF 1970).

 Ce récit est un véritable reportage en direct d’un témoin oculaire… ce document littéraire peut nous aider à restituer la vérité historique. « Perqué m’an pas dit a l’escòla- l’istòria de lon païs ? » dit dans une de ses chansons Claude Marti ; (pourquoi ne m’a-t-on pas dit à l’école l’histoire de mon pays). Après la conquête complète de l’Occitanie et le bûcher de Montségur en 1244, l’Inquisition s’installera. On peut la comparer sans exagération, à la Gestapo. Nos ancêtres on le voit à travers ce texte y étaient bien préparés »

D’après « Agenais Occitan » de Marceau Esquieu, Christian Rapin et Jean Rigouste. EOE 4ème trimestre 1978. 

Al sèti de Marmanda. 

Al sèti de Marmanda es messatgièrs venguts

Que los valents coms joves a los Francés vencuts,

En Folcaut, en Joan e’n Tibaut retenguts ;

E los autres son mòrts e damnats e destiuts. 

E lo coms n’Almarics se n’es tant irascuts

Que per aiga e per tèrra los a ben combatuts.

E’ lh baron de la vila’s a son aissί defenduts

Que fòras en la plaça es lo chaples tenguts ;

D’estrambas las partidas an tan còps receubuts

D’espasas e de lanças e dels talhants aguts

Que dedins e defòra n’i a mants remasuts

De cavals e de còrs, de mòts e d’estenduts.

Ab afortits coratges se son si captenguts

Que, la nòch e lo dia, son entr’els contenguts 

Mas en petita d’òra, lor es tals mals creguts

Que jamai lo damnatges non serà revenguts.

Que l’avesques de Santas, que la crosada adutz,

E’n Guilhelmes de Ròcas, lo senescalcs temuts,

Que mena las companhas e’ls avers e’ls traüts,

Pertot a la redonda, on es’l camins batuts,

An lot raps e las tendas e’ls pabalhons tenduts

E pel mèglòc de l’aiga lo neveis espanduts. 

Après non tarsèc gaire qu’es lo temps avenguts

Qu’ardiments e folatges los a tots deceubuts.

Que’l filhs del rei de França lor es apareguts

E-z-a en sa companha vint e cinc mélia escuts

De cavalièrs mirables ab los cavals crinuts ;

E fòron li dètz mélia ilh e’ cavals vestuts

Del fèr e de l’acièr, qu’es resplandents de lutz

E de cels qu’a pè fòron es lo comptes perguts ;

E menan las carretas e’ls arnése’ e’ls conduts

E perprendon las plaças e las òrtas e’ls fruts.

E lo reis, ab grand jòia, es lot trap descenduts.

Quand per los de la vila es lo reis coneguts,

Ges nos es meravilhas si fòron desperduts ;

Cascuns ditz e’l coratge que ja non fos nascuts.

La primièra batalha qu’ilhs los an combatuts,

Los fossats e las liças lor an pres e tolguts

E’ls ponts e las barrièras debrisats e fonduts.

E-s-après la batalha es parlaments tenguts

Per que cels de la vila cujan èstre ereubuts.

Lo coms Centolhs e l’autri se son al reis renduts.

Dedins lot rap domini, on es li aurs batuts,

Li prelat de la Gleisa son al rei atenduts

E li baron de França, denant lui asseguts.

En un coissin de pali s’es lo reis sostenguts

E pleguèc son gant dèstre que fo ab aur cosuts ;

E l’un escotèc l’autre e lo rei semblèc muts. 

Les avis sont partagés. L’évêque de Saintes propose de mettre la ville à feu et à sang. Le comte de Saint Pol et l’archevêque d’Auch prônent la mansuétude. Le roi se tait…La soldatesque prend les devant et se livre au massacre de Marmande. 

E levan’l crits e’l bruts

E corron vas la vila ab los trencants aguts.

E comença’l martiris e’l chaplaments temuts,

Qu’ls barons e las femnas, tots despulhats e nuts,

Detrencan e detalhan amb los brands esmoluts ;

E la carns e lo sangs e los cervèls e’ls brucs

E membres e personas meitadats e fenduts

E fetges e coradas descebrats e romputs

Estan per mèg las plaças, com si èran ploguts,

Car de lor sang espars qui lai s’es espanduts

Es la tèrra vermelha e’l sòls e la paluds.

Non i remas òm ni femna ni joven ni canuts

Ni nula creatrura, si non s’es resconduts.

La vila es destruita e lo fòcs encenduts.

Après non tarzèc gaire que lo rei s’es moguts

     Per venir a Tolosa…

 

Au siège de Marmande :

Au siège de Marmande un messager est venu

Annoncer que le vaillant comte a vaincu les Français

Retenus prisonniers Foucaud, Jean et Thibaud ;

Que les autres ont été tués, mis à mal et mutilés

Le comte Amaury s’en est tellement irrité

Qu’il a par eau et par terre attaqué ceux de la ville.

Et ils ont si bien résisté aux faubourgs de la ville,

Qu’en dehors de la place a eu lieu le massacre ;

De part et d’autres on a reçu tant de coups,

D’épées, de lances, de lames aigûes,

Qu’assiégés et assiégeants y ont laissé beaucoup

De chevaux et d’hommes étendus morts.

Avec un courage éprouvé, ils se sont si bien comportés

Que la nuit et le jour ils se sont tenus en échec.

Mais au bout de peu de temps, leur situation est devenue si mauvaise

Que jamais le dommage ne sera réparé

Car l’évêque de Saintes qui conduit la croisade

Et guillaume des Roches, le sénéchal redouté

Amènent des compagnies, du matériel, des convois.

Partout à la ronde, près du chemin battu,

Ils ont placé leur enclos, leurs tentes leurs pavillons,

Et, au milieu de la rivière ils ont déployé leurs bateaux.

Après, il ne se passa guère de temps

Que ne vint le moment où leur audace et leur folie

Fussent cause de leur perte

Car le fils du roi de France leur est apparu

Et il a en sa compagnie vingt cinq mille écus

De magnifiques chevaliers, sur des chevaux à la belle crinière ;

Il y en avait dix mille vêtus eux et leur monture

De fer et d’acier éblouissant à la lumière

Des fantassins le compte est perdu

Ils menaient les charrettes remplies d’armes et de ravitaillement.

Les terrains plats, les jardins et les vergers furent par eux occupés

Et le roi, avec grande joie, est descendu sous sa tente.

Quand ceux de la ville l’eurent reconnu

Il ne faut pas s’étonner s’ils furent éperdus

Chacun souhaitait en son cœur de n’être jamais né.

A la première attaque lancée contre ceux-ci

Les croisés ont enlevé et pris les fossés et les lices,

Ils ont brisé et mis en pièces les ponts et les palissades.

Aussitôt après cet assaut, les pourparlers furent engagés

Qui firent croire à leur salut à ceux de la ville

Car le comte Centule et les autres, de propos délibéré

Et selon une convention déterminée se sont rendus au roi.

Dans la tente du prince où se trouve l’or battu

Les prélats de l’église se sont rendus auprès du roi

Et les barons de France en face de lui se sont assis

Sur un coussin de soie, le roi a pris place

Et il a plié son gant droit qui était brodé d’or ;

Chacun écoutait l’autre et le roi semblait muet.

A ce moment, s’élèvent des cris et du tumulte

Et ils courent vers la ville avec des armes tranchantes

Alors commence le martyre et massacre redoutés,

Les barons, les dames, les petits enfants les hommes et les femmes

Tous dépouillés de vêtements et dénudés

Ils les coupent en morceaux et les débitent avec les épées aiguisées ;

Chairs, sang, cervelles, troncs, membres et corps dépecés et éventrés

Foies et viscères détachés et tailladés jonchent le sol,

Comme s’il en était tombé une pluie ;

Aussi, la terre, le sol et le marais sont-ils tout rouges du sang répandu.

Il ne survécu ni homme ni femme, jeune ni vieux,

Aucune créature, à moins qu’elle ne se fût cachée.

La ville est anéantie et l’incendie y a été allumé.

Puis le roi ne tarda guère à se mettre en route

                   Pour venir à Toulouse…

Bien sur ce texte, on l’aura compris, émane d’un partisan des croisés. Ce document littéraire peut nous aider à restituer la vérité très éloignée des images d’Epinal de l’histoire de France selon les manuels scolaires. On le voit,

l’occitan peut aussi avoir des vertus pédagogiques.

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